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Les surprises du "Monde d'après" ...

 

Deux équipes de foot françaises en demi-finale de la Champion’s League, les coureurs de l’équipe Ineos en difficulté sur le Dauphiné, décidément, il semble que les Dieux du Stade aient choisi de redistribuer les cartes au gré de leurs caprices dans cette vie post-covid. Mais au-delà de la surprise et du constat brutal d’une hiérarchie qui chancelle, est-il possible de tenter une analyse à cette situation originale ?

 

Billet d'humeur d'un dimanche matin, quelque part dans la garrigue du Gard - dimanche 16 août 2020

 

 


 

Souvenons-nous d’abord que, de tous les grands championnats européens, celui de notre Hexagone ait le seul qui n’ait pas repris le cours de ses compétitions interrompues et n’ait pas cherché à conclure coûte que coûte la compétition. Les joueurs de nos clubs, pendant ce temps, ont pu récupérer, échapper temporairement au contexte stressant des matches et de l’environnement hystérique des médias, la pression permanente des agents aux dents longues, et ont pris le temps de reconstruire pas à pas une condition physique de manière cohérente. Habituellement, entre la fin du championnat, le mercato, les stages préparatoires, un joueur pro ne coupe jamais plus de deux semaines. C’est devenu la norme, mais cela s’avère insuffisant. Quand j’ai procédé à des bilans biologiques de début de saison à la fin des années 2000 et jusqu’en 2010, j’ai pu noter que près de ¾ des joueurs présentaient, au moment de la reprise, un état inflammatoire de « bas grade », reliquat des contraintes subies lors des mois précédents, et état annonciateur de pépins en série. Finalement, l’arrivée de la pandémie a permis de renouer avec le respect de la physiologie et les joueurs de nos clubs, dotés d’un surcroît de fraicheur physique et psychique n’ont pas failli. Les Italiens, Anglais, Espagnols, quant à eux, ont disparu des écrans radars. Cela incitera-t-il les dirigeants du foot français à passer à 18 clubs en Ligue 1 et à instaurer un repos estival obligatoire d’un mois ? Ne rêvons pas…

 

Durant les premiers jours du confinement, qui n’a entendu les managers des  équipes cyclistes françaises se lamenter de savoir que, pendant que les coureurs tricolores devaient rester chez eux à s’entraîner tant bien que mal, des adversaires d’autres pays, comme les Anglais pouvaient, quant à eux, continuer à rouler. « Il ne faudra pas s’étonner de voir les Français ne pas marcher sur le Tour », entendait-on même çà et là.

Nous avons entendu les mêmes réflexions dans le monde du foot (arrêt du championnat,  arrêt des entraînements ...)!!!!


A contre-courant, un jeune coureur français avec qui j’ai beaucoup échangé pendant le confinement, ne portait pas la même analyse : « Un plan d’entraînement, commençait-il, possède un début, une progression, une fin et un objectif. Si on roule 4 h par jour, au prétexte d’avoir un avantage sur ses adversaires, mais qu’on ne sait pas pourquoi, rien n’empêche de penser qu’un se crame avant les choses sérieuses… » . La prédiction semble avoir du sens, mais le message semble échapper aux consultants et autres spécialistes de la Petite Reine. Face à la faillite, lors du Dauphiné Libéré, de l’avant-dernier vainqueur du Tour, Gerraint Thomas, n’a-t-on pas entendu tel ancien champion français de l’époque honteuse, affirmer qu’il : » devait encore monter en puissance et n’était pas tout à fait prêt »… Que dire ? Ne fait-il pas justement partie de cette armada britannique dont les coureurs ont multiplié les semaines à plus de 20 h de vélo, s’étant fait de surcroît un malin plaisir à le faire savoir à leurs infortunés adversaires. Ils pensaient sans doute jeter là les bases d’une guerre des nerfs devant tourner à leur avantage… On voit ce qu’il est advenu.


En 2014, j'ai accueilli dans mes bureaux à Nîmes, pour une consultation en micro-nutrition, une jeune cycliste et son papa. Le père était soucieux de la santé de sa fille, et ne maîtrisant pas tous les rouages des entraînements des cyclistes, il est arrivé avec le test d'effort et le bilan sanguin de sa fille. et me pose la question : qu'est ce qu'un bon entraînement?

Je lui réponds en m'adressant à sa fille : c'est l'entraînement que tu supportes, et qui te fait progresser. donc ne néglige pas les plages de repos obligatoires. 

Elle avait une candidose et une inflammation intestinale dues essentiellement, à une mauvaise hydratation à l'effort, lors des séances de natation.

Ce jour-là aussi, je lui prédisais un titre de championne de France qui l'attendait dans les 3 prochaines années, si elle maintenait une démarche holistique (entrainement invisible, entrainement spécifique, repos compensateur, repos réparateur, hydratation, alimentation adaptée, micronutrition, détente, aération de l'esprit, ...).

Je me suis loupé d'une année; elle a été sacrée en 2018 !!!


Pendant ce confinement, j'ai accéléré sur un projet qui me tenait à cœur : mon prochain ouvrage. Ce projet a démarré au printemps 2019, et a connu une accélération à l'automne 2019, et une finalisation au printemps 2020.

Un ami consultant-thérapeute qui collabore avec moi, me disait : "comment se fait-il que les dirigeants et managers du Monde su Sport se plaignent autant de l'arrêt des compétitions? Sont-ils conscients de l'usure des organismes des athlètes? Sont-ils conscient du stress oxydatif qui envahit les organismes de leurs athlètes? Cette fatigue chronique qui s'est installée dans les organismes, ne serait-elle pas responsable du manque fréquent concentration et de lucidité, entraînant des chutes et des blessures à répétition? Pourquoi ne perçoivent-ils cette situation délicate comme une opportunité pour faire évoluer les méthodes de gestion et d'entraînement? Pourquoi les athlètes eux-mêmes ne se prennent-ils pas en charge pour explorer des outils multiples utiles et nécessaires à leur bien-être et donc à leur performance sportive, comme la sophrologie, l'hypnose, la préparation mentale, l'aromathérapie, la libération émotionnelle, ...? Pourquoi ne pas profiter de cette période pour se ressourcer, et se régénérer? N’a-t-on pas souvent entendu de "cadence infernale dans le sport, ces dernières années? Pourquoi ne pas sortir de ce "dolorisme" : je suis fatigue - je n'ai pas le temps - je ne profite pas assez de mes proches ....quand la vie vous offre l'opportunité de le faire? sont-ils conscients des relations de causalité? Sont-ils prêts à accueillir auprès d'eux, des praticiens ayant des approches différentes de la gestion de l'athlète? Les blessures physiques à répétition, ne sont-elles pas liées par hasard à des blessures de l'âme?"

Dans les entreprises, tout changement induit une part d'inquiétude. Cette inquiétude est compréhensible et légitime pour les athlètes, les structures encadrantes, les partenaires.... Et chaque athlète peut affronter cette situation d'incertitude par deux approches : fuite (rester dans sa zone de confort et opter pour la routine et l'immobilisme) ou affrontement (opportunité d'évoluer).


Et si la morale de tout cela était celle-ci : le repos forcé, l’interruption prolongée des compétitions n’a-t-elle pas enfin permis d’appliquer l’un des grands principes de l’entraînement, souvent négligé : l’assimilation ? Indirectement, la situation prouve que les instances sportives, dans leur belle unanimité, forcent les cadences depuis des années et se prêtent à une surenchère compétitive dévastatrice, alors même que les dangers de cette frénésie peuvent être  prédits.  Pourquoi, me demanderez-vous ? La réponse est simple : business. On sacrifie la santé des coureurs sur l’autel du marketing au risque, à cause de ces cadences démentielles, d’en voir de plus en plus sombrer dans la dépression, les addictions, et succomber à la tentation du dopage qui, lui aussi,  répond à la loi du business.

 

Saint Covid priez pour nos sportifs !

PS: la suite sera à partir de ce mardi soir jusqu'au dimanche (finale de la Champions League)